Commencez par allumer le bûcher ci-dessous.
Un fait divers.
Une lecture intéressante, mais elle fut mal digéré.
L'internet massivement occidentalisé se conforte dans une lecture raccourcie. Non ce n'étais pas l'ergot.
Reddit n'est pas savant, on ne peut blâmer.
La maladie du « c’est vrai » pour un peu de place à la télé. Et la télé aime ça. Et voila que la culture s'y (re)met.
Pour ne pas me transformer en Unabomber, je voudrais relire à ma façon le maillage de ce triste évènement.
N'allez pas dans les Rave Party pour vous soigner de la malade sorcellerie du monde,
vous vous jetterez un peu plus dans les bras de ce que vous fuyez.

Ils soignaient.
D’une façon étrangère à « la science ».
Ils ont flambé. Ils ont crié.
Et les coutumes ont pleuré.

Leurs orphelins finirent effrayés de leurs fêtes,
ils furent effrayés de leur ciel,
ils furent effrayés d'eux même.
Ils ont dansé.
Sans qu'on puisse les arrêter.

On les enferma, soucieux de l'ordre publique.
Dans un marché,
accompagné de musiciens salariés,
de gardes-danseurs, pour leur montrer les pas.

Pas de causes surnaturelles pour les médecins bourgeois.
Les orphelins « ont seulement le sang chaud. »
Les médecins se trompaient.
Leur raison était aveugle aux sensibles détresses.
Mal écouté, la nature s'est emballée.
Les gardes se joignèrent aux fous,
les musiciens accompagnèrent l'assemblée, de la danse à la mort.

Le conseil des XXI et les bourgeois de la ville se mirent d'accord.
Ne pouvant soigner ce mal sans faire appel aux sorcières.
Mais c'est pourtant saint Guy qui s'en chargea.
Un saint certes, mais le plus sorcier de la région.

C'est à cette époque que dans une partie du monde,
on commença à ne jamais plus dire qu'on a besoin de sorcier.
Quand bien même on en transforma en saint.

On veut maintenant appeler ça une fête
lorsqu'on vivait un procès.
On veut se dire qu'ils ont bien fait la fête
quand ils sont morts dans la folie et l'incompréhension.

Nos médecins n'ont pas changé de méthode.
Leurs soins ont de curieuses limites.

Si par malheur un de ces maux vous arrive.
On vous demandera de le formuler consciemment.
Mais si vous ne trouvez pas la formule, vous êtes bon pour les médicaments.

N'allez pas chercher ces malades dans les teufs.
Ils sont cachés dans les hôpitaux, on éteint leur monde à la chimie.

Les morts méritent que nous pleurions.
Mais ces lamentations,
comme les berceuses sorcières,
sont le début d'une révolte.

Après les pleurs reviendront les chants.
Les cris renaîtront des flammes.
Et la joie s'emparera des corps nouveaux.
Il est l'heure du banquet de cendres.