Introduction


Je m’intéresse ici à deux exemples pour tisser des liens avec les pensées et influences qui traversent ma pratique. Derrière cette intention, c’est le statut du corps de l’instrument qui m’intéresse, dans deux lieux : la lutherie « ancienne », la lutherie électronique.

Je voudrais commencer par analyser le Violon, la nature de son corps, les sons et les usages gravés en lui.
J’aimerai tracer sa généalogie pour mieux cerner un autre phénomène de corporéité de la musique, la synthèse par modélisation physique.
Le « statut du corps » de mes objets d’études peut être vu comme un vecteur tracé entre la lutherie traditionnelle et la lutherie électronique.

Cette intention accompagne une hypothèse :
Il est admis que la genèse des premiers instruments visait de reproduire et de se confondre avec la voix humaine, le premier des instruments.
Je pense aujourd’hui que la modélisation physique remet en question, non pas le statut ou l’ajout d’autre « voix » dans la musique, mais la matérialité même de ce qui fait son, de ce qui fait musique.
La modélisation physique est une des formes de synthèse numérique des plus récentes, se différenciant notamment des synthèses abstraites (additive, soustractive, à modulation de fréquence) en ce qu’elle permet de modéliser un corps résonnant de façon mathématique. Je détaillerais ce principe plus en détail au moment venu.

Si les premières intentions de la genèse d’instruments étaient destinées à embrasser la voix, on sait aujourd’hui que c’est un échec. Mais cet échec fut des plus fertile en vue du vocabulaire instrumentale que le monde contient aujourd’hui.

Comment se sont dessinées les formes et les lois de la lutherie ancienne ?
À mon sens il importe de retracer une vision des intentions et des pratiques caractérisant cette évolution instrumentale. Je le ferai en me servant de l’histoire du violon, assez révélatrice à la vue des mondes que la lignée des instruments à cordes a traversée.

Cette méthode me permet une mise en mouvement de ces deux exemples dans les dimensions qui dépasse leur milieu privilégié. C’est aussi une occasion de donner de la voix à des pensées qui me concernent au-delà de la musique. De reconsidérer le statut de ce qui entoure le domaine de l’instrument : l’objet, la matière, l’individu.

Sur ce texte, mon intention première a été mise à mal par les outils que j’employais. J’ai fait un travail de mis en lien de différentes intuitions, étant convaincu que leur rapprochement nous ferait regarder un vieux problème autrement, avec un léger rayon de soleil.
Mais les textes et les différentes références ont été durs à manier. J’ai donc laissé le travail en l’état pour le moment, ouvert à jour, mais non perfectionné. À mon sens une carte heuristique (par exemple) aurait moins bien accompagné lectures et pensées. J’ai donc entrepris d’en tracer un fil, mais il s’effiloche encore un peu.
Je préfère le régime de l’intuition et de l’hypothèse, plutôt que de faire autorité avec des démonstrations et une argumentation « synergique ».